Gérer l’Abus - Kris Vallotton

octobre 18, 2015

Lorsque des gens conseillent à des femmes (ou à des hommes d’ailleurs), au nom de la « soumission », de demeurer dans une situation dangereuse, et bien ils devraient passer un examen psychiatrique. Une épouse n’a jamais été appelée à être une gardienne de zoo, une dresseuse de lion, ou un punching ball. Elle est née pour être protégée, adorée, chérie et aidée à devenir mature[1]. La soumission doit être expérimentée de façon mutuelle et appliquée de façon unilatérale. Si ce n’est pas le cas, la relation est basée sur un rapport maître-esclave, et ce n’est donc en aucun cas un mariage. La soumission n’est pas un manque de puissance et de force, imprégnée d’une peur martelée sur l’enclume de la religion sans cervelle. La soumission c’est la vérité forgée dans la fournaise d’un esprit de service et d’une passion véritable.

 

Si un homme abuse d’une femme et qu’il lui dit ensuite qu’il l’aime, c’est un menteur et un lâche avéré, point barre. L’amour est bien plus qu’une succession de mots dans une phrase. Je ne suis pas en train de suggérer ici qu’une femme divorce de son mari (bien que parfois, ce soit la seule option), mais Tarzan devrait rester tout seul dans la jungle, jusqu’à ce qu’il puisse prouver qu’il peut au moins être bienveillant envers les animaux. Il sera alors PEUT-ÊTRE prêt à essayer et à reconstruire lentement une relation de confiance avec d’autres être humains.

 

Si Tarzan utilise des menaces et la manipulation pour essayer d’intimider l’autre et ainsi reprendre sa place dans la relation, il peut rester dans la jungle et vivre parmi les autres gorilles.

 

Tout mariage exige une vie de sacrifice, mais forcer son épouse (ou son mari) à être un sacrifice, c’est engendrer un sauveur de substitution et une fausse religion. Beaucoup croient aveuglement que c’est l’unique façon de vivre, et finissent par mourir le cœur brisé dans les bras de celui (ou celle) qui les abuse. Contrairement à l’opinion publique, les enfants qui grandissent dans un tel environnement sont formés pour devenir des terroristes et non des disciples de Christ. Endurer l’abus n’est pas une expression de l’alliance contractée dans l’amour, c’est une marche lente vers le camp de la mort du diable. Je suis convaincu que certaines personnes qui demeurent dans une relation abusive et extrêmement dangereuse  au sein de leur mariage, sont atteintes du syndrome du martyr. Ces gens croient sincèrement que Jésus veut qu’ils restent dans une relation caractérisée par la cruauté. Je pense que ces gens lisent la Bible à travers le filtre du dégoût et du manque d’estime de soi. Je comprends bien que certains considèrent le moindre conflit comme un « abus dangereux ». En aucun cas, je ne voudrais ici encourager le divorce. Je suis marié depuis 40 ans, et je suis un homme d’alliance. Mais j’ai été aussi la victime de deux beaux-pères extrêmement abusifs (je suis reconnaissant que l’un d’entre eux ait changé de conduite et qu’il soit toujours marié à ma mère). Je pourrais littéralement écrire un livre intitulé : « Guide pratique pour survivre dans une famille violente ».

[1] Il s’agit ici du mot empower, parfois traduit en français par « empuissancer ».

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